Extrait de :

L'AVENIR DES GAULOIS

 

PHILOSOPHIE DU PLURALISME

Individualisme, autonomisme, régionalisme, fédéralisme sont les divers aspects sociaux et politiques du personnalisme, que les esprits éclairés jugent aujourd'hui de plus en plus nécessaire à la pérennité de la civilisation.

Or, il faut bien comprendre que cette démarche est en parfait accord avec les lois de l'évolution biologique. L'infinité des espèces végétales et animales porte le témoignage que la nature n'est pas autre chose qu'un gigantesque processus de diversification constante des forces de vie. «Etre, c'est être différent» a-t-on pu dire. Et devenir semblable, c'est commencer à ne plus être.

Est-ce à dire que les forces collectivisantes, solidarisantes, grégarisantes sont de ce fait contre-nature et desservent toujours la vie ? «Toujours et «jamais» sont des mots imprudents. Il est utile d'avoir la connaissance du bien et du mal absolus, qui existent (cette fameuse connaissance que le dieu biblique voulait nous interdire), mais il n'est pas moins utile de savoir que le mal est parfois opportun.

Si pénétré que l'on soit de la nécessité vitale de l'individualisme, on ne doit pas ignorer qu'à certaines époques, l'association permet seule d'écarter les menaces. Il n'en reste pas moins qu'elle doit être seulement un réflexe temporaire. Elle représente, dirai-je, la «part de l'eau». Mais on doit rester conscient que toute uniformisation, si nécessaire qu'elle puisse paraître au moment du danger, est un coup d'arrêt au progrès de la vie. Passée l'alerte, l' «union sacrée» doit se défaire, si l'on veut que la vie reprenne sa marche ascendante. Les nations qui oublient cela et cherchent à maintenir trop longtemps des sociétés anti-individualistes se vouent à la déchéance.

L'HOMME EST UNE ÉTAPE

Au cours de l'évolution biologique, la diversification constante a seule permis d'atteindre des formes supérieures de vie, et elle doit continuer, car l'homme n'est qu'une étape et non un terme. L'apparition de chaque nouvelle espèce marquait une nouvelle victoire de l'individualisme. Mais aussitôt cette nouvelle espèce, représentée par une petite poignée de «mutants», se voyait menacée de tous côtés par les formes de vie attardées et nombreuses qui pouvaient la submerger. Il fallait alors que les mutants se groupent et renoncent provisoirement à l'individualisme dont ils venaient de naître pour assurer la survie du nouvel «être» et la conservation de cette fragile victoire.

Il est hors de doute que les hommes primitifs, mal pourvus de défenses naturelles au sein d'une jungle hostile, ont dû constituer des sociétés autoritaires et égalitaires dans lesquelles le «service du clan» primait toute considération personnelle. Il n'est pas moins douteux que l'homme n'a dû son progrès qu'à sa capacité à ne pas rester enfermé dans ces systèmes collectivistes plus de temps qu'il ne fallait, et de mettre à profit la moindre période de sécurité pour laisser chaque individu suivre ses voies propres. Les «clans» qui n'ont pas su le faire ont produit les peuples «primitifs» que nous connaissons. La fascisme et le communisme représentent ainsi les stades les plus attardés de la société humaine et sont en politique moderne des forces anti-évolutives.

QUAND LA SÉCURITÉ NOURRIT L'AVENTURE

Sur ce plan de l'évolution où nous voulons maintenir le débat, il faut donc, paradoxalement, considérer toute sécurité matérielle comme un moyen de relancer l'esprit d'aventure, de tentative et de recherche diversifiées. Toute la difficulté ici est de savoir quand sommes-nous en sécurité.

Cette notion de sécurité est d'évidence toute relative, car l'insécurité est la caractéristique essentielle de la vie. Il n'existe probablement pas dans la vie d'une espèce, d'une civilisation, d'une nation ou d'un homme des périodes de sécurité absolue qui permettraient aux héros de ne courir que des risques choisis. Des dangers de toutes sortes nous menacent toujours, et cette nécessité pressante a sa raison d'être. Mais dès que le risque imposé par le monde extérieur relâche si peu que ce soit son étreinte, les êtres forts, habités par les forces de vie ascensionnelle et une saine volonté de puissance doivent se tourner vers l'aventure délibérée des pionniers de la Terre.

Comment discerner l'instant de cette possibilité ? Comment faire sans erreur le calcul des risques imposés et savoir s'il est opportun ou non de leur ajouter des risques voulus ? Ici encore il n'existe que des réponses individuelles, qui seront fonction des tempéraments, des énergies, des circonstances. Le téméraire jugera bon de tenter le sort au-delà de ses forces, le timoré trouvera toujours que ses arrières ne sont pas assez assurés. En outre, à courage égal, celui qui doit quotidiennement lutter pour survivre n'aura pas la tranquillité d'esprit de celui dont le milieu familial ou social protège efficacement les entreprises et assure en tout état de cause le «minimum vital». C'est donc avec prudence qu'il faut porter jugement sur le courage d'autrui, dans un sens ou dans l'autre.

Ainsi, entre l'uniformisme et l'individualisme, le choix sera grandement influencé par la capacité d'évaluer avec justesse les menaces extérieures et les menaces intérieures.

J'appelle menaces extérieures celles qui naissent de la concurrence des forces, de l'agressivité et du désir d'expansion des mondes, des nations et des êtres qui nous côtoient. Ces menaces existent en permanence et ne doivent donc pas être surévaluées temporellement.

J'appelle menaces intérieures celles qui résultent de nos propres lâchetés, de notre propre timidité à rechercher des voies nouvelles selon notre génie propre, par crainte de nous séparer de nos «semblables». Ces menaces sont trop généralement sous-évaluées. Ce sont elles qui portent le germe de décadence, de sénilité précoce, de dissolution, à tout le moins de stagnation.

SURESTIMATION DES DANGERS EXTÉRIEURS

De nos jours, et sur tous les plans, les hommes et les sociétés surévaluent constamment les menaces extérieures et, par contre, sous-évaluent systématiquement, parfois jusqu'à les ignorer, les menaces intérieures.

C'est ainsi que depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les nations ont vécu dans la crainte d'un conflit atomique dont le risque objectif était et reste minime, alors que la pollution provoquée par une industrialisation désordonnée représentait et représente le danger numéro un en cette fin de XXe siècle. - (Texte rédigé en 1972).

De même, dans l'ordre politique, l'Occident n'a pas cessé de surestimer le danger de la subversion communiste, cheval de bataille de l'expansion sino-soviétique, alors que ce danger reste des plus modestes, du moins si on le compare à l'incapacité maladive des Européens d'aujourd'hui de réformer leur propre société et d'ouvrir à l'homme de nouvelles voies. On voit ici d'ailleurs à quel point la sous-estimation des menaces intérieures aboutit à donner encore plus de réalité aux menaces extérieures. Car c'est précisément le manque d'imagination occidental actuel dans le domaine philosophique et politique qui permet aux idéologies étrangères de nous pénétrer si aisément. Tel est le cercle vicieux provoqué par le manque d'audace intellectuelle.

A propos de ce manque d'audace, n'est-il pas curieux de constater que les cercles politiques «occidentalistes», plus ou moins considérés comme étant d'extrême-droite, et qui se targuent volontiers de cultiver les vertus héroïques et chevaleresques, sont précisément ceux qui manquent le plus du courage intellectuel nécessaire à la découverte de conceptions philosophiques nouvelles, ceux qui surévaluent continuellement le danger de la «subversion rouge», au point d'en faire leur obsession, et qui ne cessent de prétendre que les peuples occidentaux doivent se réunir parce qu'ils sont semblables et sont faits pour le rester. Or cette dernière affirmation est une contre-vérité flagrante, le génie de l'Occident étant essentiellement diversificateur et particulariste, ce qui est précisément la cause de son succès en tant que pionnier de la civilisation.

Certes, on comprend la logique de cette démarche. A partir du moment où l'on considère que l'Occident est directement agressé, on est porté à faire passer avant tout le concept d' «union sacrée». Mais s'il est exact qu'il y a plusieurs formes de guerre, et que la guerre subversive, pour être insidieuse et sournoise, n'en est pas la moins dangereuse, encore faut-il observer que cette forme d'agression, si elle obtient des succès, ne les obtient que très lentement, et ne les obtient que par une habile utilisation de nos fautes et de nos carences. L'insécurité relative qu'elle engendre ne justifie aucunement l'uniformisation défensive que l'on nous prêche. Elle la justifie d'autant moins que la lenteur du processus exigerait une grégarisation intellectuelle de si longue durée qu'elle porterait la condamnation de l'Occident par auto-stérilisation. Le remède serait pire que le mal. De surcroît, étant donné que l'agression subversive est elle-même le fait de sociétés collectivistes ou se voulant telles, il s'ensuit que ces sociétés vouent leur propre potentiel humain à un affaiblissement constant.

Sans doute est-il malaisé de calculer aujourd'hui - car nous manquons de recul - ce que le communisme a détruit de qualité humaine en Russie comme en Chine depuis qu'il y est pratiqué, destruction qu'on s'efforce de masquer derrière des prouesses techniques à grand spectacle. Mais sur le seul plan économique, on sait que la Russie et ses satellites d'Europe de l'Est n'ont évité la catastrophe qu'en apportant maints correctifs libéralistes - donc pro-individualistes - à leur collectivisme de principe.

Prétendre que le temps travaille pour le communisme est un jugement superficiel. La vérité est plus nuancée : le temps travaille pour la propagation communiste dans les pays qui n'en ont pas encore fait l'expérience, c'est vrai, mais en revanche il travaille contre lui dans les pays où il s'est implanté.

LE PERSONNALISME OCCIDENTAL

Encore une fois, les idéologies collectivistes ne réussissent à séduire les Occidentaux que dans la mesure où l'Occident ne sait plus faire confiance à son propre génie, qui est individualiste par essence. On ne lutte pas contre le grégarisme en lui opposant un autre grégarisme, et trop de nationalistes occidentaux ne sont que des collectivistes de droite.

Si l'Occident, depuis 1945, avait su retrouver son âme et promouvoir le personnalisme sur tous les plans, les idéologies collectivistes eussent été incapables de séduire sa jeunesse et auraient été vaincues sur leur propre terrain. Au lieu de cela, l'Occident n'a su, au niveau des gouvernements, que persévérer dans un pseudo-libéralisme dénaturé par la technocratie, l'étatisme et les expériences démago-socialistes, et, au niveau des oppositions dites «nationales», que s'entêter dans un néo-fascisme autoritariste et anti-individualiste qui ressemble étrangement à ce qu'il prétend combattre. Dans ces conditions, on doit considérer comme un miracle que l'Occident, si malade soit-il, puisse être encore debout. Si le collectivisme n'a pas pu complètement triompher, ce ne peut être qu'en raison de ses propres faiblesses. L'Occident bénéficie d'un sursis qu'il doit mettre à profit pour se mettre enfin en harmonie avec lui-même.

LA NATURE ET LES DIEUX

Si convaincu que l'on soit par les évidences naturelles que le pluralisme est le seul moyen d'assurer l'évolution ascendante, il peut être utile d'analyser le «pourquoi» de cet état de fait.

Pourquoi la nature a-t-elle besoin d'une infinité d'expériences diverses pour que la vie se perfectionne et progresse ?

D'abord parce que la «nature» n'existe pas en tant qu'être et qu'elle est seulement le nom commode employé pour désigner l'ensemble des espèces vivantes à l'oeuvre. On donne trop souvent au mot «nature» une acception anthropomorphique tendant à faire d'elle une sorte de déesse qui pense, veut, essaie et poursuit un but. Or, il n'y a pas de «nature» poursuivant un but, mais seulement une multitude d'êtres dont chacun est le siège d'une volonté de puissance particulière qui tend vers ses objectifs propres.

La conception anthropomorphique de la nature a produit l'absurdité du déisme, lequel suppose qu'un être parfait, omniscient et tout-puissant édifie et dirige l'univers. La «preuve de Dieu» la plus fréquemment invoquée par les croyants est justement la «merveilleuse nature», argumentation qui révèle leur profonde naïveté. Car s'il existait au-dessus des mondes un être omniscient et tout-puissant, quel besoin aurait-il de cette multitude de tentatives infructueuses, d'essais avortés, d'expériences extravagantes que nous montre précisément la nature ? Si ce gigantesque tâtonnement, ce continuel balbutiement qu'est «la nature» prouve quelque chose, c'est bien l'absence parfaite d'une pensée directrice qui sache où va la vie.

C'est parce que personne ne sait que chacun essaie.

Et c'est pourquoi la pluralité des tentatives, la multiplicité maximale des recherches, des explorations, des expériences reste la condition nécessaire du progrès des forces de vie, sur quelque plan que ce soit : biologique, économique, sociologique, philosophique, politique.

Imaginons une civilisation capable d'encourager la multiplication diversifiante : le plus possible d'individualités diverses, le plus possible de nations, de cités, de cultures, de sociétés indépendantes et différentes. Cette civilisation (telle que la rêvèrent autrefois les Gaulois et les Grecs) apporterait à l'espèce humaine de fantastiques possibilités.

Que fait la nôtre ? Exactement l'inverse. Et c'est pour cela, et pour cela seulement, qu'elle est décadente. (...)

LA VICTOIRE DES MÉDIOCRES SUR LES MEILLEURS

Je me donne ici l'impression d'enfoncer des portes ouvertes. D'où vient-il que ces évidences, depuis longtemps mises au jour par la psychologie, pénètrent si difficilement les hommes de notre temps, parmi ceux-là même des plus éclairés que préoccupe l'avenir de notre espèce ? Quelles idées reçues, quelles oeillères, quel incoercible atavisme les empêchent de distinguer les irremplaçables vertus du pluralisme ? La vérité est que nous vivons depuis plusieurs millénaires les étapes d'une effrayante rétrogradation spirituelle. Il ne fait pas de doute pour moi qu'à l'aube de l'Histoire, les élites de l'humanité étaient pénétrées de cette conception de l'univers que j'ai nommée le spiritualisme athée, et qu'on pourrait ainsi résumer : la vie universelle est produite par l'action d'un nombre infini d'esprits différents qui tentent de sublimer la matière, chacun à sa façon et en l'absence de toute pensée directrice centrale. (D'ailleurs l'Infini, n'ayant pas de limites, ne saurait avoir de centre).

Ce spiritualisme athée des origines, qui serait la véritable philosophie d'un paganisme non superstitieux, a dégénéré en polythéisme, puis en monothéisme (l'avènement du monothéisme représentant la rupture capitale d'avec la véritable spiritualité), puis en matérialisme. Nous sommes aujourd'hui au fin fond de «l'âge noir» et au bord de l'abîme.

L'Histoire de l'homme telle que nous la connaissons retrace la continuelle victoire des esprits médiocres sur les élites, fait d'autant plus tragique qu'il n'est pas une victoire sur la force - les élites ont presque toujours gardé la force -, mais une victoire sur l'intelligence, en ce sens que les élites ont adopté tour à tour toutes les doctrines des médiocres, ce qui est proprement stupéfiant. Lorsque les élites d'aujourd'hui se laissent convaincre de marxisme, elles ne font que recommencer la capitulation des élites qui se laissèrent jadis convaincre de monothéisme. Et c'est avec une ironie attristée que nous voyons des «fidèles de l'Occident» opposer Dieu à Marx et la «volonté divine» au «sens de l'Histoire», car ils ne font que substituer une démission à une autre, au bénéfice de l'ancienneté.

Dans le monde païen, le chamanisme accordait déjà une importance démesurée aux esprits de la nature. Au moins le chaman se croyait-il encore capable de s'opposer à eux, de les écarter ou de les vaincre. L'homme était encore conscient de sa propre «divinité», de sa propre force spirituelle. Le polythéisme marqua encore une régression en ce qu'il fit l'homme un peu plus petit et des esprits de la nature des dieux un peu trop puissants. Mais il se gardait encore le droit d'exiger d'eux quelque appui, de les influencer de quelque manière, de jouer des uns contre les autres ou de les acheter par le sacrifice. Toutes ces pratiques pêchaient par manque de noblesse et sentaient par trop le vaincu. L'homme descendit pourtant plus bas encore. Il inventa le dieu unique et tout-puissant, infaillible et indiscutable, inconnaissable de surcroît, qui par avance avait pensé le monde et jouait de nous ad libitum.

C'était la reddition sans conditions, le triomphe suprême de la lâcheté spirituelle, la loi du moindre risque, le honteux pari de Pascal : l'homme se faisait ver.

Et plus il se rendait vain, plus sa vanité se gonflait. Ayant agréé Dieu, les élites n'eurent d'autre recours, pour sauvegarder leur suprématie, que de s'identifier à lui. Et politiquement, l'idée d'une «pensée centrale directrice infaillible» était trop séduisante aux hommes assoiffés de pouvoir pour qu'ils ne s'en fassent pas les bénéficiaires sur le plan terrestre. Césars, pontifes et technocrates modernes sont en ce sens les vrais «enfants de Dieu».

DU MONOTHÉISME AU JACOBINISME

Lorsque Maximilien de Robespierre érige le culte de «l'Etre suprême» et s'écrie devant la Convention : «Celui qui peut remplacer la divinité dans le système de la vie sociale est à mes yeux un prodige de génie», il établit clairement la filiation directe monothéisme-jacobinisme. «Dieu» est l'instrument politique des centralistes, qu'ils soient d'Eglise ou d'Etat. Sa présence dans les esprits garantit la condamnation du pluralisme universel et entretient l'illusion qu'un pouvoir central réputé omniscient peut guider valablement le peuple ou la société. C'est la contre-nature érigée en dogme. Le péché contre l'esprit est consommé. L'arrêt de mort de la civilisation est signé. Si un dieu a pensé le monde, plus n'est besoin d'y songer. «Quiconque pense est hérétique» dit Bossuet, et Nietzsche confirme : «Dieu est une goujaterie à l'égard du penseur». Le monothéisme est un jacobinisme spirituel qui a engendré son homologue politique. Plus d'hypothèses indépendantes, plus d'expériences décentralisées : c'est la sclérose et bientôt la paralysie.

Touchons-nous le fond ? Pas encore : le marxisme apparaît, qui réussit le tour de remplacer Dieu par le prolétariat. Ce dernier a en effet sur Dieu un immense avantage: il est visible, on peut le montrer. Mais comme cette masse informe n'a ni pensée, ni volonté, on peut agir et parler en son nom, exactement comme les prêtres parlent au nom de Dieu, sans risque d'être démentis. Les communistes pourront ainsi devenir des super-jacobins et pousser à l'extrême la contre-nature, tout en se parant d'un athéisme purement verbal qui aura pour effet réactif d'enfoncer un peu plus dans «l'illusion de Dieu» leurs opposants naturels. Jacobins à droite, jacobins à gauche : la nature est partout trahie, l'humanité a délibérément transgressé les lois de l'univers. La mort est en marche.

LE RÔLE DE LA VOCATION CELTIQUE

Telle est la vision réaliste des interactions psychologiques qui sont en passe de détruire l'âme de l'Occident, et partant la civilisation qu'il a tenté d'édifier. Ce n'est que par un retour à la philosophie pluraliste - la seule en accord avec les lois naturelles - que l'Occident peut retrouver l'harmonie et la puissance morale qui lui font si cruellement défaut en ce siècle. Mais ce qui est vrai pour l'Europe dans son ensemble l'est plus particulièrement encore pour la France, car les Celtes qui fondèrent jadis ce pays ont laissé à leur descendance l'héritage d'un individualisme indéracinable. (...)

Pierre Lance (1972)

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